Physiopathologie de la spondylarthrite ankylosantePhysiopathologie de la spondylarthrite

Spondylarthrites : quoi de neuf ?

Quoi de neuf dans le domaine des… comment dire ? Le terme de spondylarthropathie n’a plus le vent en poupe : il ne situe pas clairement ce groupe d’affections au rang des maladies inflammatoires. Spondylarthrite paraîtrait naturel, mais le terme est jugé trop proche de celui de spondylarthrite ankylosante (SA), faisant craindre une confusion et une restriction du concept à la seule forme axiale des spondylarthropathies.
Il nous est donc proposé de parler de “spondyloarthrites”, terme plus proche de la terminologie internationale de “spondyloarthritis”, et de conserver le terme de spondylarthrite pour désigner la SA.

Physiopathologie de la spondylarthrite ankylosante :

1. Génétique des spondyloarthrites :

Une association entre certains polymorphismes des gènes de la famille de l’IL-1 et la spondylarthrite ankylosante a été mise en évidence il y a quelques années dans différentes populations. L’équipe de Maxime Bréban a montré une association entre un polymorphisme de l’IL-1A et l’ensemble des spondyloarthrites, mais également l’association plus spécifique d’un autre polymorphisme de l’IL-1A et de la spondylarthrite ankylosante, et entre un polymorphisme de l’IL-1F et les spondyloarthrites sans atteinte axiale. Outre l’intérêt de montrer une association phénotypique de certains marqueurs génétiques, cette étude a également l’intérêt de fournir un argument supplémentaire pour rattacher les spondyloarthrites au groupe des maladies auto-inflammatoires polygéniques, compte tenu du rôle central de l’IL-1 dans ces pathologies.

2. Tabac et spondyloarthrites

L’effet nocif du tabac est désormais admis dans la polyarthrite rhumatoïde, certains travaux ayant montré un lien entre exposition au tabac, citrullination de peptides endogènes au niveau de l’épithélium respiratoire et présence d’anticorps anti-peptides citrullinés.
Mais les effets pro-inflammatoires du tabac vont bien au-delà de la citrullination, comme le montrent les liens entre tabac et athérogenèse, entre tabac et psoriasis ou entre tabac et maladie de Crohn.

  • Si des liens avaient déjà été discutés entre tabac et rhumatisme psoriasique, il a pour la première fois été montré en 2012, sur les 647 patients
    de la cohorte DESIR, une association entre tabagisme, précocité du début de la spondylarthrite, plus grande activité clinique, retentissement fonctionnel plus sévère, plus grande fréquence des lésions inflammatoires en IRM au rachis et aux sacro-iliaques et plus grande sévérité de l’atteinte structurale jugée sur le score mSASSS. Il est intéressant de noter que 37 % des patients de DESIR sont fumeurs, chiffre supérieur à la prévalence estimée inférieure 30 % dans la population française.
  • Les berlinois ont analysé l’impact du tabagisme sur la progression radiologique de la spondylarthrite ankylosante dans la cohorte GESPIC (GErman SPondyloarthritis Inception Cohort). Cette cohorte comprend 160 patients, 88 ayant une spondylarthrite ankylosante selon les critères de New York, et 64 une spondylarthrite ankylosante non radiologique répondant aux critères de l’ESSG. En analyse multivariée, ces auteurs montrent que le paramètre le plus fortement associé au risque de progression radiologique est très logiquement la présence de syndesmophytes à l’entrée dans l’étude, et que les deux autres paramètres associés de façon indépendante au risque de progression structurale sont l’inflammation sérique (taux de

CRP moyen observé sur deux ans) et le statut de fumeur actif. Le sexe n’apparaît pas statistiquement associé au risque de progression radiologique à deux ans. Une matrice d’estimation du risque de progression radiologique a été construite à partir de ce travail, incluant le tabagisme.

Tabac et spondyloarthrites

Le tabagisme a donc un effet péjoratif sur les principaux critères cliniques et structuraux de la spondylarthrite ankylosante. Tout concourt bien sûr à conseiller à nos malades un sevrage tabagique. Il reste cependant à démontrer qu’à l’instar du Crohn, où l’arrêt du tabagisme améliore
les lésions inflammatoires du tube digestif, le sevrage tabagique peut avoir un effet bénéfique sur l’évolution du rhumatisme inflammatoire.

3. Lymphocytes résidents de l’enthèse, IL-17 et stress de l’enthèse :

Il est admis que l’enthèse, jonction entre tendon, ligaments et os, est la cible anatomique privilégiée de la spondylarthrite ankylosante. Mais le mécanisme par lequel la réaction inflammatoire est initiée au sein de l’enthèse demeure parfaitement mystérieux. Parmi les éléments physiopathologiques les plus discutés ces dernières années figurent la voie Th17 et la synthèse de l’IL-17. Des polymorphismes du récepteur de l’IL-23, la cytokine principalement impliquée dans l’activation de la voie Th17 sont un trait commun de la génétique de la spondylarthrite, de la maladie de Crohn et du psoriasis. Mais il n’est pas certain que le lymphocyte Th17 soit la principale cellule productrice d’IL-17, et l’on comprend mal pourquoi un lymphocyte Th17 viendrait spécifiquement se gîter dans l’enthèse. D’autres cellules peuvent sécréter de l’IL-17, tels le mastocyte et les lymphocytes Tγδ, cellules sentinelles résidant dans les tissus périphériques.

Sherlock et al. ont identifié une nouvelle cellule résidente de l’enthèse : un lymphocyte T double négatif, qui n’exprime ni le CD4 ni le CD8, possède un récepteur à l’IL-23, et produit, en réponse à une stimulation par l’IL-23, le facteur de transcription ROR-γt qui induit la synthèse d’IL-17.

Les lymphocytes T doubles négatifs, qui l’expriment ni CD4 ni CD8 (respectivement associés aux récepteurs des molécules HLA de classe II et de classe I), sont des lymphocytes résidents dans les tissus périphériques qui auraient un rôle majeur dans l’orientation du système immunitaire, soit vers la régulation et la tolérance, soit vers l’activation spondylarthrite ankylosante et l’enthèse,de la réponse inflammatoire et immunitaire. Ces lymphocytes joueraient un rôle de gardien de l’intégrité tissulaire, et déclencheraient une réaction inflammatoire locale en réponse à divers stimuli pathologiques. Ils ont été identifiés au niveau de multiples tissus : poumon, intestin ou muqueuse génitale, tissus qui représentent une interface avec l’extérieur. Au niveau d’une enthèse, ces lymphocytes pourraient répondre à des stimuli tels qu’un stress mécanique, déclenchant via la synthèse d’IL-23 une réaction inflammatoire locale et activant un remodelage osseux. Il s’agit véritablement d’une découverte majeure, susceptible d’expliquer l’importance de l’IL-17 indépendamment d’une réponse immunitaire spécifique.
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9 Responses to Spondylarthrites : quoi de neuf ?

  1. stefane

    Intéressant. . Il y a beaucoup a dire pour ce groupe de maladie de spondylarthrites .. merci pour le partage

  2. Maria

    Salut, y a t-il de nouveau traitement plus safe et assez efficace pour la spondylarthrite ankylosante? Les autres traitements n’ont pas un effet curatif je pense?

  3. caux

    j’ai eu 50 ans le 27 aout, j’ai arreté de fumer le 28, je n’ai vu aucune amélioration !

  4. admin-sopon-anky79

    oui c’est possible, c’est une maladie multifactorielle. selon mes recherches, les gens sont différents et on rencontre plusieurs combinaisons génétiques qui vont déterminer le parcours de la maladie et son évolution … merci à vous caux, et je suis dispo si vous avez autres questions

  5. zerigui

    salam, j’ai la maladie spondylarthrite ankylosante, je cherche une association qui peut m’aider à me donner mon médicament qui est non trouvable et non remboursable chez nous c la méthotrexate en comprimé.
    dans l’attente de votre réponse favorable veuillez accepter mes meilleurs salutation

  6. Jean

    Bonjour mes compagnons, je me lance car depuis samedi soir je souhaitais vous expliquer ce qui m’est arrivé. Depuis plusieurs années une copine infirmière me parle d’un copain à elle qui es magnétiseur. Je n’y crois absolument pas et je ne suis pas croyant mes je respecte tout ce qu’ils veulent y croire. Samedi matin ma femme vois ma pote infirmière et ensemble sans rien me dire elle prennent un rdv pour moi le soir même et par politesse et vue qu’elles ont réussi à avoir une place alors que ce gars ne bosser pas j’y suis allée. Je lui ai dit que je ne croyais pas à tout ça et que j’avais croisé pleins d’escrocs mais il m’a serré la main pour me dire bonjour et la il me dit vos sacros iliaque sont hs,vous avez une vertébre cassé à tel endroit et une boule sous la langue qui vous gêne. ….tout était vrai et la boule sous la langue en faite je tenté de cachets un bombom à la menthe sous ma langue. Bon vue que je pouvais rien faire il m’a aidé à monter sur ça table de soins et ça a durer 40 minutes et il m’a dit seul que je finirai en chaise roulante, un autre rhumato avait dit la même chose il y a 10 ans.maintenant quand il a fini ça séance il m’a ede à redescendre et le il m’a dit plis tes genoux au sol et relève toi.mon dieu j’ai fais ça une dizaine de fois presque en pleurent car je n’avais pas vu ça depuis des années même ma femme était au bord des larmes. Je suis reparti de chez lui heureux le landemain lève à 5h pour bricoler avec ma femme qui était radieuse de me voir ainsi. Mon bien être à durer jusqu’à lundi matin car depuis je ne peux plus marcher ou avec 2 cannes et comme je soufre de partout les cannes me font très m’as aux mains. Je ne sais plus quoi faire mes amis je suis au bout du rouleau. Je vous aime très fort mes spondipotes

  7. Alojamiento web

    Les avancees scientifiques rapprochent la spondylarthrite ankylosante de certaines maladies inflammatoires chroniques de l’intestin car elle est associee a une dysbiose

  8. Barcelone

    Thank you a lot for sharing this. Awsome!

  9. Helen

    esperant un traitement plus ciblé avec de faible effets secondaires et connaitre plus sur l’origine des douleurs

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