Qu’est-ce que la polyarthrite rhumatoïde ?

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie articulaire inflammatoire chronique et invalidante qui touche plusieurs articulations. Elle est de nature auto immune, caractérisée par une atteinte de la synoviale, membrane qui tapisse la face interne des articulations. Elle induit des douleurs, des destructions et des déformations articulaires.
La polyarthrite rhumatoïde est une maladie fréquente qui touche chaque année en France 8 nouveaux cas pour 100 000 habitants. Sa prévalence est de 0.5%. Elle atteint surtout les femmes (80 %), autour de 50 ans, mais aussi les enfants, les hommes et les femmes jeunes. La polyarthrite débute le plus souvent entre 40 et 60 ans, sans cause déclenchante. Si elle débute tardivement, après soixante ans, sa fréquence est identique chez l’homme et la femme.
C’est une maladie auto-immune caractérisée par la fabrication d’auto-anticorps dirigés contre la membrane synoviale. En cas de polyarthrite, cette membrane, qui entoure les articulations et sécrète le liquide articulaire, est le siège d’une inflammation.
La polyarthrite rhumatoïde est une affection multifactorielle relevant de facteurs génétiques, hormonaux, environnementaux, neuropsychologiques et immunologiques. La synovite inflammatoire est la lésion élémentaire responsable de la destruction articulaire. Elle est liée à des anomalies de l’immunité à médiation cellulaire, avec activation des lymphocytes T.
Plusieurs phases caractérisent l’évolution de la synovite rhumatoïde : initiation, recrutement cellulaire et inflammation, prolifération synoviale, destruction de l’articulation et réparation. Elles peuvent être individualisées de manière schématique, mais sont en réalité très intriquées.
La polyarthrite rhumatoïde, une fois installée, tend à s’aggraver et à s’étendre. Cette extension se fait le plus souvent à l’occasion de poussées évolutives au cours desquelles les articulations, jusqu’alors indemnes, sont atteintes. Ces poussées sont classiquement entrecoupées d’accalmies relatives, voire de rémissions vraies.

Mais, il faut souligner que les dommages structuraux sont les plus rapides au cours des deux premières années. Le handicap va s’aggraver de façon progressive tout au long de l’évolution de la polyarthrite rhumatoïde non traitée : 50 % des malades ont un handicap fonctionnel important à 10 ans d’évolution, nécessitant l’arrêt de leur activité professionnelle.

Cependant, la maladie est très hétérogène, avec des formes sévères d’emblée, pouvant comporter des manifestations viscérales engageant le pronostic vital et pouvant engendrer des destructions articulaires rapides, source d’un handicap majeur (elles représenteraient 10 à 20 % des polyarthrites rhumatoïdes).

À l’opposé, il existe des polyarthrites bénignes entraînant peu ou pas de gêne fonctionnelle et peu ou pas de lésions radiographiques et de déformations (polyarthrites rhumatoïdes peu étendues ne touchant que quelques articulations, souvent les méta-carpophalangiennes).
NB : La majorité des formes sont en fait des formes de sévérité intermédiaire.

La polyarthrite rhumatoïde : les points clés

• La polyarthrite rhumatoïde est le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chroniques.
• Il s’agit d’une polyarthrite bilatérale et symétrique à tendance destructrice et déformante.
• Le diagnostic doit être aussi précoce que possible.

• Certains marqueurs biologiques sont particulièrement évocateurs : présence du facteur rhumatoïde et/ou présence d’anticorps anti-peptides cycliques citrullinés (anti-CCP).
• Il existe de nombreux facteurs pronostiques dont : la sévérité initiale clinique et biologique, le caractère érosif d’emblée.

• La polyarthrite rhumatoïde nécessite une prise en charge spécialisée, précoce, individuelle et multidisciplinaire.
• Le but du traitement est d’obtenir l’indolence et l’absence de lésions structurales, donc d’éviter le handicap.

• L’introduction précoce d’un traitement de fond est actuellement préconisée.
• Les traitements locaux doivent être également utilisés à chaque fois que nécessaire comme les infiltrations cortisoniques ou les synoviorthèses isotopiques.
• Le suivi d’un malade atteint de polyarthrite rhumatoïde doit être extrêmement régulier et nécessite une surveillance clinique, biologique et radiographique.

One Response to Qu’est-ce que la polyarthrite rhumatoïde ?

  1. lila

    la spondylarthrite rhumatoide, c’est le mal incarné .. beaucoup des douleurs .. tonne des médicaments .. le plus souvent inefficace le plus souvent malheureusement

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