Maladies cardiovasculaires et produits laitiers

La mauvaise presse entourant les gras saturés a souvent nui à la réputation des produits laitiers. Or, de plus en plus de données scientifiques suggèrent que la consommation de produits laitiers pourrait réduire le risque de maladies cardiovasculaires. En effet, un nombre croissant de données sur les gras saturés, particulièrement ceux d’origine laitière, indiquent qu’ils ne seraient pas associés au développement de maladies cardiovasculaires. De plus, les produits laitiers contiennent de nombreux constituants qui seraient liés à la prévention ou à la gestion de facteurs de risque de maladies cardiovasculaires, entre autres:

Le calcium,
Le potassium,
Le phosphore,
La vitamine D,
Les protéines et certains peptides,
Les acides gras,
La vitamine K2.

Les données scientifiques

Une méta-analyse de 17 études de cohorte prospective regroupant plus de 600 000 participants a été menée afin d’évaluer les associations entre la consommation de produits laitiers et les maladies cardiovasculaires, notamment les maladies ischémiques et les accidents vasculaires cérébraux. Pour chaque verre de lait de 200 ml consommé, une diminution de 6 % du risque de maladies cardiovasculaires a été observée. De plus, la consommation de produits laitiers totaux, à faible teneur ou à pleine teneur en gras n’était pas associée aux risques de maladies coronariennes, et la consommation de produits laitiers totaux n’était pas associée au risque d’infarctus1.

Une deuxième méta-analyse, comprenant des études de cohorte et rétrospectives, a montré une diminution de 15 % du risque de diabète, de 8 % du risque de maladies cardiaques ischémiques et de 22 % du risque d’accidents vasculaires cérébraux chez les participants qui avaient une consommation plus élevée de produits laitiers comparativement à ceux dont la consommation était plus faible. Bien que la consommation définie comme étant élevée variait d’une étude à l’autre, dans plusieurs études, une consommation supérieure à 568 ml était considérée comme élevée. Il faut noter que dans cette méta-analyse, l’hétérogénéité des études utilisées pour évaluer le lien entre la consommation de lait et le risque d’accidents vasculaires cérébraux rend les conclusions incertaines2. Par ailleurs, les mêmes auteurs ont également observé, à partir des données d’une méta-analyse de 4 études cas-témoin, une réduction de 26 % du risque de syndrome métabolique chez les grands consommateurs de lait comparativement aux petits consommateurs3.

Les données d’une méta-analyse de 5 études de cohorte d’une durée variant de 2 à 15 ans et comprenant 11 500 cas de tension artérielle élevée ont été analysées dans le but d’évaluer la relation entre la consommation de produits laitiers et la tension artérielle. Il est à noter qu’une tension artérielle élevée est considérée comme étant l’un des principaux facteurs de risque de maladies cardiovasculaires. Les résultats ont démontré qu’une consommation élevée de produits laitiers à faible teneur en gras était associée à une diminution de 16 % du risque d’hypertension. De plus, une diminution de 8 % de ce risque était associée à une consommation « importante » de produits laitiers liquides (lait et yogourt), soit de 0,5 à 2,7 portions par jour, alors qu’aucune modification du risque n’a été observée avec la consommation de produits laitiers solides (fromage)4. Puisque peu d’études ont analysé séparément les divers types de produits laitiers, il est difficile de conclure quant aux effets d’un produit laitier spécifique. Cependant, des données suggèrent que certaines différences pourraient exister4.

Pour en savoir plus, consultez Hypertension : sommaire des données scientifiques.

Finalement, il existe plusieurs types d’acides gras saturés, et leurs effets respectifs sur les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires ne seraient pas les mêmes5. À cet égard, une étude de cohorte multiethnique a indiqué qu’un apport élevé en gras saturés laitiers était associé à un risque plus faible de maladies cardiovasculaires. Cette association inverse serait possiblement plus marquée dans le cas du fromage à pleine teneur en matières grasses6.
Les mécanismes potentiels

La croyance populaire selon laquelle les produits laitiers seraient nocifs pour la santé est principalement due à leur contenu en gras saturés. Or, bien que l’apport en gras saturés soit généralement lié à une élévation des concentrations sanguines de cholestérol LDL et que la consommation de produits laitiers serait associée à une augmentation des apports en gras saturés, les produits laitiers ne seraient pas nécessairement liés à une hausse du risque de maladies cardiovasculaires, mais possiblement à une diminution6,7. De nombreuses composantes des produits laitiers joueraient un rôle dans la prévention des maladies cardiovasculaires, rendant ainsi les effets nocifs hypothétiques des gras saturés qu’ils contiennent moins importants.

Les effets préventifs des produits laitiers sur divers facteurs de risque de maladies cardiovasculaires pourraient être dus à divers mécanismes, mais ceux-ci demeurent incertains. Selon le type de produits laitiers consommé, les associations entre les produits laitiers et le risque cardiovasculaire pourraient varier7. Les constituants des produits laitiers étant les plus susceptibles de jouer un rôle dans la prévention des maladies cardiovasculaires sont le calcium, le potassium, le phosphore, la vitamine D, la vitamine K2, les différents acides gras et les protéines, dont certains peptides.

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