Le lait au chocolat : alimentation et santé

Les données issues de plusieurs études suggèrent de façon constante que le fait d’inclure du lait au chocolat ou du lait aromatisé dans l’alimentation des enfants et des adolescents a un effet bénéfique sur la qualité de leur alimentation sans pour autant causer d’effet indésirable sur le poids. Ces conclusions sont également corroborées par le récent rapport scientifique de prise de position de l’American Heart Association portant sur la consommation de sucre et la santé cardiovasculaire. Par ailleurs, un nombre croissant de données scientifiques suggèrent que le lait au chocolat pourrait constituer une boisson idéale pour la récupération après une séance d’exercices, tant pour les athlètes que pour les adultes physiquement actifs.
Les données scientifiques

Voici certaines des conclusions contenues dans le rapport scientifique de l’American Heart Association de 2009 relativement aux sucres alimentaires et à la santé cardiovasculaire1 :

Lorsque « des sucres sont ajoutés à des aliments déjà riches en nutriments, notamment les produits laitiers avec sucres ajoutés tels que le lait aromatisé et le yogourt et les céréales avec sucre ajouté, la qualité de l’alimentation des enfants et des adolescents s’accroît, et dans le cas des laits aromatisés, aucun effet indésirable en ce qui concerne le poids n’a été observé »;
L’augmentation de la consommation de boissons gazeuses, de boissons aux fruits, de desserts, de sucres, de gelées, de friandises et de céréales prêtes à manger contribue grandement à l’augmentation de l’apport énergétique sous forme de sucres et de sucres ajoutés;
Il semble que la forme par laquelle les sucres ajoutés sont consommés représente un facteur déterminant de leur impact sur la qualité de l’alimentation. Il est plus probable que les boissons gazeuses, le sucre et les sucreries aient un impact négatif sur la qualité de l’alimentation, tandis que les produits laitiers, les boissons à base de lait et les céréales présucrées pourraient avoir un impact positif.

Les données de la cohorte National Health and Nutrition Examination Surveys de 1999-2002 ont été utilisées pour comparer les apports en nutriments et les mesures corporelles de 7 557 enfants et adolescents (âgés de 2 à 18 ans) qui2 :

· buvaient du lait aromatisé (avec ou sans lait nature),
· buvaient du lait nature exclusivement,
· ne buvaient pas de lait.

Les données ont révélé ce qui suit :

Les enfants et les adolescents qui incluaient du lait aromatisé à leur alimentation consommaient significativement plus de lait que ceux qui consommaient exclusivement du lait nature (p < 0,05);
Les apports en vitamine A, en calcium, en phosphore, en magnésium, en potassium et en gras saturés (après ajustement pour l’apport énergétique et l’âge) étaient généralement comparables parmi les groupes de personnes qui buvaient du lait, tandis que ces apports étaient significativement plus faibles chez les personnes qui n’en buvaient pas (p < 0,05);
La consommation de sucres ajoutés ne différait pas entre les personnes qui buvaient du lait aromatisé et celles qui ne buvaient pas de lait;
Les mesures d’indice de masse corporelle des personnes qui buvaient du lait (lait nature et lait aromatisé) étaient comparables ou inférieures à celles des personnes qui n’en buvaient pas (p < 0,05).

Une étude randomisée regroupant 98 enfants chiliens (âgés de 8 à 10 ans) obèses ou présentant un excès de poids a examiné l’impact sur la composition corporelle de la livraison de lait aromatisé, dans les foyers où habitaient des enfants obèses ou présentant un excès de poids, pour remplacer les boissons avec sucre ajouté3 :

Chez les personnes ayant reçu le lait (groupe d’intervention), la consommation de lait a augmenté en moyenne de 452,5 ± 37,7 g/j (p < 0,0001), et la consommation de boissons avec sucre ajouté a diminué de 711,0 ± 33,7 g/j (p < 0,0001);
Chez les personnes n’ayant pas reçu le lait (groupe témoin), la consommation de lait n’a pas changé, et la consommation de boissons avec sucre ajouté a augmenté de 71,9 ± 33,6 g/j (p = 0,04);
Les changements de pourcentage de gras corporel ne différeraient pas d’un groupe à l’autre;
L’accrétion moyenne de la masse maigre était plus importante (p = 0,04) dans le groupe d’intervention (0,92 ± 0,10 kg) comparativement au groupe témoin (0,62 ± 0,11 kg);
L’augmentation de la taille était également plus importante (p = 0,01) dans le groupe d’intervention (2,50 ± 0,21 cm) comparativement au groupe témoin (1,77 ± 0,20 cm) chez les garçons, mais pas chez les filles.

Les données de la Continuing Survey of Food Intakes by Individuals (CSFII) de 1994-96 et de 1998 du U.S. Department of Agriculture ont permis d’examiner l’alimentation de 3 038 enfants américains âgés de 6 à 17 ans. L’objectif était d’établir les associations entre les principales sources de sucres ajoutés (provenant à la fois des aliments et des boissons) et les apports en nutriments clés, ainsi que les groupes alimentaires4 :

La consommation de produits laitiers avec sucre ajouté (c.-à-d., les laits aromatisés, les yogourts aromatisés, les crèmes glacées et les poudings) était associée positivement aux apports en calcium chez les enfants et les adolescents (p < 0,05);
La consommation de céréales présucrées faisait augmenter la probabilité que les enfants et les adolescents aient un apport conforme aux recommandations en ce qui a trait aux nutriments essentiels déficients dans l’alimentation, soit le calcium, le folate et le fer;
La consommation de boissons avec sucre ajouté (c.-à-d., les boissons gazeuses non « diètes », les boissons aux fruits non « diètes »), de sucres et de sucreries, et de produits céréaliers avec sucre ajouté faisait diminuer la probabilité que les apports nutritionnels de référence (ANREF) soient comblés pour ces nutriments;
La consommation de produits laitiers avec sucre ajouté et de céréales présucrées était associée positivement au nombre de portions de produits laitiers consommées par jour pour les deux groupes d’âge.

Dans une autre étude utilisant les données de la Continuing Survey of Food Intakes by Individuals (CSFII) de 1994-96 et de 1998 du U.S. Department of Agriculture, la consommation totale de lait, de boissons gazeuses, de boissons aux fruits, ainsi que de jus de fruits et leur impact sur la qualité de l’alimentation ont été évalués chez 3 888 enfants d’âge scolaire (de 5 à 11 ans) et chez 1 125 adolescents (de 12 à 17 ans)5 :

Les enfants qui consommaient du lait aromatisé avaient une consommation totale de lait plus élevée et une consommation moins élevée de boissons gazeuses et de boissons aux fruits, mais leur consommation de jus de fruits était similaire en comparaison avec les enfants qui ne consommaient pas de lait aromatisé;
Les enfants qui consommaient du lait aromatisé avaient des apports plus élevés en calcium, mais des pourcentages d’apport en énergie similaires en ce qui a trait au gras total et aux sucres ajoutés, en comparaison avec les enfants qui ne consommaient pas de lait aromatisé.

L’impact du retrait du lait aromatisé d’un arrondissement scolaire des États-Unis a fait l’objet d’une étude publiée sous forme de résumé en 20096 :

Les achats totaux de lait pour les écoles de l’arrondissement ont été comparés pour une période de 3 mois avant et après l’élimination du lait aromatisé;
Il y a eu une diminution des achats de lait pour tous les niveaux scolaires après l’élimination du lait aromatisé, malgré une hausse de 0,5 % du nombre d’élèves;
Les achats totaux de lait ont diminué de 63 % pour les élèves de la maternelle à la 2e année; de 62 % pour ceux de la 3e à la 5e année; de 50 % pour les enfants de la 6e à la 8e année et de 37 % pour les élèves de la 9e à la 12e année;
Les auteurs ont conclu qu’en voulant éliminer environ 60 calories de sucres ajoutés, on réduisait la consommation d’aliments qui fournissent des nutriments importants aux enfants et aux adolescents, par exemple le calcium, le potassium et la vitamine D, des nutriments recommandés dans les lignes directrices sur la nutrition de 2005 des États-Unis.

Dans un effort visant à combattre l’obésité chez les enfants, les Centers for Disease Control and Prevention ont publié un rapport en 2009 décrivant l’expérience d’écoles publiques de la ville de New York qui consistait à intégrer du lait au chocolat avec sucre ajouté. Parce qu’elles reconnaissaient que le lait consommé à l’école fournit une source importante de protéines, de calcium et de vitamines telles que les vitamines A et D, les écoles publiques de la ville de New York ont graduellement retiré le lait entier, mais ont conservé le lait nature à teneur réduite en matières grasses, le lait sans gras, de même que le lait au chocolat avec sucre ajouté sans gras7 :

Les ventes de lait au chocolat avec sucre ajouté sont demeurées stables, et ce type de lait était le plus populaire, représentant 61 % des achats en 2004 et 57 % des achats en 2009;
Les élèves qui buvaient du lait nature et ceux qui buvaient du lait au chocolat et qui sont passés du lait entier à des variétés de lait à plus faible teneur en matières grasses ou sans gras ont consommé moins de calories et de gras au total en une année (7 089 calories et 922 g de gras et 4 900 calories et 48 g de gras pour les buveurs de lait nature et de lait au chocolat, respectivement).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *